C’est depuis le pays du soleil levant que je partage cet article sur le maquillage japonais. D’ailleurs tu le sais peut-être déjà si tu as suivie mes derniers publications sur Instagram!
En tant que maquilleuse professionnelle, je trouve le sujet du maquillage particulièrement intéressant. Il peut transmettre une identité, respecter une tradition ou permettre de s’exprimer. Il est donc le reflet d’une histoire, d’une culture et permet de comprendre de nombreux aspects identitaires d’un pays.
Le maquillage japonais possède une longue histoire
Le maquillage n’est pas une pratique récente au Japon. Au fil des siècles, les codes de beauté ont changé. La couleur de la peau, la forme des sourcils, les lèvres ou encore la coiffure pouvaient refléter les normes esthétiques d’une époque.
La période Heian (794-1185), constitue notamment une période importante dans l’histoire de la beauté japonaise. À cette époque, les femmes de la cour impériale suivent des codes esthétiques très précis. Elles se poudrent le visage afin de le blanchir, les lèvres sont petites et rouge et peuvent notamment noircir leurs dents (suite à un mariage par exemple). Les sourcils suivent également des règles particulières et sont souvent redessinés. Le maquillage est un code et permet de connaitre le rang, le métier ou encore le statut matrimonial de la personne.
La beauté japonaise ne repose donc pas seulement sur une question de goût. Elle s’inscrit dans une culture et dans des codes sociaux.
Le visage des geishas : un maquillage devenu emblématique
Impossible de parler du maquillage japonais sans évoquer les geishas. Leur maquillage traditionnel est probablement l’une des images les plus reconnaissables de la beauté japonaise. Le maquillage fait partie intégrante des tenues pour ses femmes qui se dédient à la pratique des arts.
Le visage est recouvert d’un maquillage blanc. Les yeux et les sourcils sont intensifiés. Les lèvres prennent une couleur rouge très marquée. Cette pratique demande de la patience car de nombreuses minutes sont dédiées à ce rituel de beauté.
Ce maquillage n’est pas seulement esthétique mais énormément codifié et change en fonction de leur expérience, disciplines pratiquées, et occasions.
Chaque détail compte : les couleurs, la forme des lèvres, les sourcils ou encore la manière dont le maquillage est appliqué. Il est différenciant et apporte un coté mystérieux au personnage sa pratique étant déjà un art.
Comme dans de nombreuses cultures, les compositions des produits étaient dangereuses et beaucoup de femmes ont souffert de la présence de métaux lourds présent dans les poudres. Aujourd’hui abandonnés pour des ingrédients respectueux de la peau.
J’espère avoir le privilège de croiser une geisha lors de mon voyage ou pouvoir assister à un spectacle pour admirer une performance traditionnel.
Le kabuki : quand le maquillage devient artistique
Le Japon possède également une tradition théâtrale (Kabuki) particulièrement riche. C’est d’ailleurs ce qui m’a inspirer le maquillage que j’ai réalisé ainsi que les légendes traditionnelles (yokai (monstres) /oni (démons)) !
Dans le kabuki, le maquillage (kumadori) ne cherche pas à reproduire un visage naturel. Il sert à transformer le comédien et à rendre son personnage immédiatement identifiable.
Les couleurs et les lignes jouent un rôle essentiel. Les maquillages peuvent être très graphiques et particulièrement spectaculaires, le maquillage doit être vu de loin pour les spectateurs.
C’est un aspect qui me parle beaucoup en tant que maquilleuse artistique. Ici, le maquillage devient un costume. Il transforme le visage en véritable support d’expression scénique et permet d’incarner: démon, héros, méchants, esprits…).
Au quotidien aujourd’hui: le maquillage japonais
Bien sûr, le maquillage porté au quotidien au Japon n’a plus grand-chose à voir avec celui des geishas ou du théâtre kabuki.
Avant même de penser au maquillage, la préparation de la peau occupe une place importante dans les routines beauté japonaises. On cherche plutôt à obtenir une peau qui paraît saine, fraîche et lumineuse. Certainement ce qui nous amène vers la mode actuelle de la Deep Skin.
Cette approche rejoint d’ailleurs une tendance que l’on retrouve aujourd’hui dans de nombreux pays : le retour à des maquillages plus légers. On retrouve notamment des maquillages très naturels, des teints lumineux et des couleurs douces comme dans nos maquillages européens. Elle a intégré des influences étrangères ou nous influences également. Les tendances internationales circulent aujourd’hui très rapidement grâce aux réseaux sociaux.
Certaines marques japonaises et certaines techniques de maquillage sont désormais connues dans de nombreux pays notamment grâce à des plateformes comme YesStyle spécialisé dans la revente de cosmétiques asiatiques.
Mais le Japon est également connu pour ses styles beaucoup plus créatifs. La culture kawaii en est un excellent exemple même si seulement une minorité adopte ce style.
La culture kawaii, les subcultures, le cosplay et le maquillage
Le mot japonais kawaii peut être traduit par « mignon », mais sa signification culturelle est plus large.
Cette esthétique influence la mode, les accessoires, les coiffures et bien sûr le maquillage. Le maquillage kawaii cherche souvent à donner au visage une apparence fraîche et juvénile. Le blush peut être placé haut sur les joues. Les yeux sont agrandis grâce au maquillage. Les lèvres peuvent rester douces et brillantes. C’est une mode qui ressort actuellement beaucoup via les réseaux sociaux.
Certaines tendances vont encore plus loin: Faux cils, paillettes, couleurs pastel, lentilles, motifs graphiques… Au japon, nous savons qu’il existe des modes alternatives adoptées par une minorité comme les looks: gothic lolita, gyaru, sweet lolita…
Le maquillage devient alors une véritable manière d’affirmer son style et fait partie du look pour compléter une tenue.
Enfin, le cosplay est une pratique bien connue de notre pays et vient tout droit du Japon, le maquillage est également essentiel pour donner vie à son personnage préféré.
Le maquillage, un reflet de la culture et de l’identité
Le maquillage existe dans toutes les cultures, mais il ne se pratique jamais exactement de la même manière. Les couleurs, les formes, les techniques et les habitudes racontent une histoire. Ils témoignent des traditions, des évolutions sociales et des normes de beauté propres à chaque pays. Observer le maquillage d’une culture, c’est donc aussi découvrir une partie de son histoire et de ses habitants.
Au Japon, cette dimension prend une résonance particulière. La société japonaise accorde une place importante aux codes sociaux et à la conformité. Dans ce contexte, le maquillage peut devenir un moyen de sortir du cadre et de montrer une facette plus personnelle de soi. Une couleur de rouge à lèvres, un trait d’eye-liner, un blush particulier ou un maquillage beaucoup plus créatif peuvent permettre de révéler une personnalité.
Le maquillage devient alors bien plus qu’un geste beauté. Il offre un espace de liberté et d’expression personnelle. Certaines personnes choisissent un maquillage très naturel, tandis que d’autres adoptent des styles inspirés du kawaii, du cosplay ou de différentes sous-cultures japonaises. Ces choix permettent de se distinguer tout en évoluant au sein d’une société où les codes collectifs restent importants.
C’est ce qui rend le maquillage si intéressant à observer d’une culture à l’autre. Il peut parfois servir à respecter les codes d’une société et, paradoxalement, permettre aussi de s’en affranchir. Derrière un maquillage se cachent donc souvent bien plus qu’une couleur ou une technique : il peut raconter une époque, une culture, une personnalité et la manière dont chacun cherche sa place dans la société.
Je compte évidement profiter pour découvrir encore plus d’anecdotes sur le maquillage japonais durant mon voyage et il est possible que je teste quelques produits!


